Jan 07

2007 – Laccadive VU7RG

Le but du Clipperton DX Club est de promouvoir l'organisation d'expéditions radioamateurs vers des contrées rares et lointaines grâce à des aides financières, l'impression des cartes QSL, ou le prêt de matériel. Le club a créé le diplôme DXPA - DXpedition Award - pour encourager et récompenser le trafic avec les expéditions radioamateurs.

V U 7 R G – V U 7 M Y
Expédition sur les îles Laccadives
IOTA AS-011 et AS-106

15 au 25 janvier 2007

VU7RG-VU7MY_qsl.jpg (101128 octets)
QSL VU7RG – VU7MY

VU7RG vu par le team Français de Kadmat

VU4 en 2004 (et 2006), VU7 en 2007…

La Hamfest qui s’est tenue à Port Blair (Andaman et Nicobar) en avril 2006 fut un franc succès, tout comme l’activité radio avec près de 80000 contacts. Vu l’engouement des participants, l’équipe organisatrice s’est donnée pour objectif de monter une opération radio sur les îles Laccadives. Dès 2006, un travail d’approche des autorités était engagé, mêlant démonstrations et opérations de communication. L’activité VU4AN fût le théâtre d’importantes tractations, notamment auprès des représentants des cinq ministères concernés. Sans pour autant obtenir de réponses fermes, nous fûmes assurés qu’aucun obstacle ne s’opposait à une activité radioamateur depuis les îles Laccadives. Après des années d’inactivité et malgré des dizaines de tentatives infructueuses, la chance semblait enfin nous sourire. Fort de ce constat, une nouvelle équipe internationale s’est formée pour constituer un solide dossier afin d’obtenir le précieux sésame.

Un long travail préparatoire

Comme pour notre précédente opération, la principale difficulté résidait dans le fait d’impliquer de nombreux opérateurs étrangers. Bien qu’une importante partie de la délégation soit déjà en possession d’un indicatif indien, l’ensemble des démarches devait à nouveau être menée afin de renouveler les licences pour la période prévue et les faire estampiller pour une utilisation aux Laccadives.

Durant toute cette phase préparatoire, ce fût un ballet incessant de documents transitant entre les opérateurs, le NIAR, et les différents ministères. Pour qu’un dossier soit traité, il fallait joindre la copie d’un visa valable pour l’ensemble de la durée du séjour. Aussi, pour satisfaire cette condition, nous fûmes contraints de faire plusieurs demandes successives afin de couvrir les périodes correspondantes aux différentes tentatives (décembre et janvier). A la mi-novembre, les dates étaient encore incertaines et jusqu’au dernier moment certains points du séjour sont restés flous. Ainsi va la vie en Inde ! Ces perpétuels changements ont eu raison d’une partie des candidats.

Au final, le groupe fut scindé en quatre équipes réparties sur 4 îles :

Agatti : OE9AMJ, DL9GFB, WØGJ, DK5WL, VE7CT, JH4RHF, W5MJ, A61M, W8AEF, K4UEE, VA7DX
Bangaram : WA6UVF, JA3UB, JR3MVF, JA3NHL
Kadmat : WA9QJH, DL5OAB, N6TQS, F5CWU, DL4KQ, DF2IC, SP3CYY, AA4NN, SP3DOI, VU2NIS, F6IIT, PA2R, PA3EWP, DL7DF, F4EGD
Minicoy : VU2RBI, VU3DSM, VU2JOS, VU2BL, VU2UWZ

Nous fûmes à deux doigts de chambouler notre planning, déjà bien incertain, afin de commencer notre activité au 1er décembre. Alors que tout s’annonçait pour le mieux, nous avons eu l’herbe coupée sous le pied quand une autre organisation radio indienne (A.R.S.I) annonça, elle aussi, une activité depuis Kavaratti (VU7) en décembre, soit à peine un mois avant notre arrivé sur place. Nous avons dans un premier temps décidé d’avancer les dates de notre activité afin de les faire coïncider avec les leurs. Pendant ce temps, ils tentaient par tous les moyens possibles de faire annuler nos autorisations et de nous décrédibiliser auprès des sponsors par le biais de communiqués diffamatoires. Finalement, dans un souci premier d’apaisement, nous avons décidé d’annuler cette tentative prématurée. La situation était déjà très tendue entre les deux groupes et ce climat ne pouvait que nuire au radio amateurisme, principalement aux yeux des autorités. Quelques sponsors américains ont demandé de ne pas étaler cette affaire, cependant n’ayant jamais eu la langue dans ma poche, j’expose les faits tels qu’ils se sont déroulés, car ils font partie intégrante de cette aventure.

Ce report de dates fût plutôt bénéfique pour notre groupe puisqu’il nous permis de peaufiner l’organisation et tirer les conséquences d’un mois d’activité. Aussi, d’intéressantes données concernant la propagation furent rassemblées grâce au report d’écoute de nombreuses stations. Ce laps de temps fût également mis à profit pour conclure l’accord tant attendu concernant l’utilisation de la bande 30 m.

Au moment de finaliser la liste du matériel à emporter, deux options se présentaient à nous : convoyer le matériel dans l’avion ou l’envoyer par transporteur en Inde. Bien que cette seconde possibilité nous fût déconseillée, les équipes d’Agatti et de Bangharam ont fait ce choix. Ce n’est que grâce à l’intervention quotidienne du NIAR auprès des autorités douanières que leurs colis furent restitués quelques jours avant le départ ; c’était moins une.

Conscient des complications administratives et de la complexité du système indien, nous avons opté pour le transport du matériel en soute, avec les restrictions que cela implique. Il nous a fallu calculer au plus juste afin de ne pas grever notre budget transport. Nous (équipe Kadmat) ne tenions pas à gaspiller des fortunes pour transporter d’inutiles équipements. Les informations concernant les 3 sites d’opération retenus étaient peu nombreuses et sans le déplacement d’une délégation du NIAR début décembre, il aurait été impossible d’avoir un état des lieux précis. Grâce à ces informations et à l’aide de quelques clichés satellite, nous fûmes en mesure de choisir l’emplacement des camps CW-SSB/RTTY et de prévoir précisément les longueurs de câbles coaxiaux nécessaires (1.5km) qui furent commandés en Inde permettant de ne pas piocher dans les 20 kg/personne alloués.

Chacune des équipes avait sa propre logistique et hormis une coordination concernant les QSL, le log et les fréquences à utiliser, rien n’était imposé. Sur la liste de diffusion interne à l’équipe, quelques débats eurent lieu, notamment concernant le choix des antennes ou bien sur la stratégie à employer. Passionnantes et instructives discussions au grès des expériences de chacun.

Nos stations s’articulaient autour d’un Elecraft K2/100 associé à un amplificateur à tube (home made DL7DF) ou transistorisés ainsi que des filtres de bandes WXØB et Dunestar. Côté aériens, nous avions pour impératif d’avoir des antennes légères et si possible multi-bandes. Notre choix s’est de nouveau porté sur cinq Spiderbeams cinq bandes, deux Hexbeams et une pléiade d’antennes verticales pour les bandes basses. En novembre et décembre, nous avons entrepris avec Sylvain F4EGD et Pat F6IIT de modifier le système d’accroche des Spiderbeams afin d’optimiser le temps de montage/démontage. Chacune des 5 spiders fût réglée et testée avant d’être soigneusement conditionnée. Ce fût un travail long et fastidieux principalement à cause de la météo qui ne nous aura pas fait de cadeau. Certains jours la température avoisinaient les moins 7° toutefois, pour mettre du cœur à l’ouvrage, nous gardions à l’esprit que trois semaines plus tard, ce même travail s’effectuerait en short sous un soleil de plomb. Le four-square 40m fût construit et essayé à l’occasion du CQ WW SSB (TM7Z). Seuls les câbles coaxiaux ont été échangés par du 17vtac (coax TV) pour des raisons de poids.

Nos bagages étaient constitués uniquement de cartons, ceinturés de ruban adhésif et renforcés par un cordage qui servait par ailleurs de poignée. Avec nos valises en carton, nous avions la palme de la légèreté, sans pour autant prendre de risque avec le matériel transporté qui nous avait été confié.

La nuit précédant le départ en avion fût consacrée aux derniers préparatifs. Tandis qu’un soudait les boîtiers de Beverages, un autre complétait la pharmacie en prenant soin de n’oublier aucun des médicaments que Pat avait méticuleusement sélectionné. Le troisième larron vérifiait une dernière fois l’ensemble des documents sous le regard amusé de F5AGO, F6FYA.

Notre chauffeur (Jean-Mi F5AGO) fût réveillé brutalement après une très courte nuit quand le réveil mécanique de Sylvain EGD retenti. Nous en entendrons parler en ces termes « c’est comme ci un trente huit tonnes venait de passer dans la chambre ». Ce réveil tonique le mis en forme pour effectuer les trois cents kilomètres qui nous séparent de Roissy ! Malgré un volume de bagages très important, l’auto fût chargée tant bien que mal. La seule inquiétude demeurait le poids de nos bagages à main, contenant le matériel électronique. De peur d’être au delà des tolérances, nous portions chacun un veston avec de nombreuses poches afin de pouvoir y caser quelques kilos en cas de contrôle strict. Par chance, ce ne fût pas nécessaire.

Aller hop, on y va, en route pour l’aventure !

Après un peu plus de douze heures de vol, une escale à Bahreïn (A9) et Oman (A4), nous avons rejoint Cochin, située sur la côte Sud-ouest de l’Inde. Sitôt sorti de l’avion, nous avons accueilli avec sourire les premiers commentaires de Pat « Merci les gars pour le dépaysement » sachant que tout cela n’était qu’un prémisse de ce qui nous attendait ; l’Inde allait à nouveau nous surprendre. L’ensemble de nos bagages est arrivé en bon état mais ce n’est qu’après avoir rédigé un courrier aux autorités indiennes certifiant sur l’honneur que le matériel serait ramené en France que nous avons finalement été autorisé à franchir les différents contrôles.

Le trajet aéroport-hôtel permis une immersion dans la jungle urbaine, où camions, autos, vélos se frayent un passage tant bien que mal en utilisant à foison le klaxon. Dès notre arrivée à l’hôtel, nous avons retrouvé quelques visages bien connus. Outre les représentants du NIAR, une bonne partie de la délégation étrangère était à pied d’œuvre pour charger le bus qui partit quelques instants plus tard en direction du port. Pour notre part, le même périple était prévu le lendemain avec la dernière partie de la délégation, ce qui nous laissa l’après-midi pour découvrir Cochin.

A six heures précises le lendemain, nous nous sommes entassés dans le bus qui, en manœuvrant, a arraché les fils électriques suspendus au dessus de la rue adjacente à l’hôtel, avant de prendre la direction de la zone portuaire. Notre premier arrêt fût les bureaux de l’administration gérant le site où nous allions installer nos stations. Le second fût la zone d’embarquement que nous avons eu tout loisir d’apprécier pendant cinq longues heures. Malgré un départ prévu dans la matinée, ce n’est que vers 15h que nous avons finalement mis le cap sur les Laccadives à bord du « Tipu Sultan » après un arrêt d’une bonne heure à la sortie du port…. Tea-time oblige !! En quittant la côte nous avons laissé derrière nous le navire français la « Jeanne-d’Arc » en manœuvres pendant quelques jours près de Cochin.

carte.jpg (89364 octets) Les Laccadives (ou Lakshadweep) constituent un archipel de 12 atolls, 3 récifs et 5 bancs situés entre 8° – 12° 12 » de latitude Nord et entre 71° – 74° de longitude Ouest. Ces 27 îles se situent entre 220 et 440 km au large de Cochin. Dix d’entre elles seulement sont habitées et l’on estime la population à environ 60000 habitants dont 93% sont musulmans. La majorité appartient à l’école Shafi de la secte Sunni.

La traversée dura une bonne trentaine d’heures durant lesquelles, seuls quelques navires furent aperçus. Parqués dans nos cabines de 1ère classe, nous cohabitions avec les blattes qui inlassablement faisaient des allers-retours entre le sol et le plafond. Dans chaque recoin du bateau, des t-shirts bleus floqués du logo de la Hamfest pouvaient être aperçus. Certains passaient le temps en lisant, en écoutant de la musique ou bien en discutant.

radars.jpg (73708 octets) Dès l’apparition de l’île Kadmat sur l’écran radar, l’ensemble des passagers s’est agglutiné à l’avant du bateau pour apercevoir l’île qui hantait nos rêves depuis quelques mois. Sans infrastructure capable d’accueillir un tel navire, nous avons jeté l’ancre face au lagon d’où de multiples barques bariolées firent leur apparition, certaines chargées à outrance.

Le transbordement eu lieu dans la plus grande bousculade, sans que personne ne tombe à l’eau. Le bourdonnement irrégulier du moteur de la barque berça notre approche des côtes. Sur le rivage, une barrière de palmiers se dressait sans qu’aucune antenne ne semble émerger de cette verdure. Ceci finit par nous inquiéter.

les_3_francais.jpg (92625 octets) Après avoir mis le pied sur la terre ferme, à proximité du camp SSB, nous avons très vite entrepris le montage des Spiderbeams avant que la nuit tombe. Seules quelques antennes étaient en place et il restait un important travail à accomplir. La nuit arriva à toute vitesse vers 17h30. Prévoyant, nous nous étions équipés de lampes frontales qui nous ont permis de continuer à travailler dans la nuit sous le regard amusé des autres membres de l’équipe rassemblés le temps du dîner. Une bolée de riz plus tard, nous étions de retour afin d’ériger le maximum d’antennes pour la première nuit d’opération.

Aux alentours de 22h, presque l’ensemble de l’équipe disparut dans la plus grande confusion. La quasi totalité du groupe était logé au sein du camp CW et quand la dernière navette quitta le camp SSB, où été situé le réfectoire, nous ne sommes resté qu’a trois. Les deux camps étaient séparés d’environ deux kilomètres, permettant une utilisation simultanée de l’ensemble des bandes dans les trois modes (CW/SSB/RTTY). Toutefois, cela obligeait à d’innombrables allers-retours parfois périlleux. Joe AA4NN en fit les frais la seconde nuit alors qu’il parcourait à vélo la sinueuse piste qui traverse l’île. Il chuta sévèrement sans toutefois se blesser alors qu’il venait de heurter une chèvre allongée sur l’asphalte.

L’activité commençait à minuit heure locale indienne. A quelques minutes du début des hostilités, les stations SSB n’étaient pas encore opérationnelles. Malgré une répartition du matériel dans l’après-midi, quelques éléments clefs (micro casques et connectique) manquaient. Alors que nous n’avions pas encore pris le temps de visiter nos chambres, nous étions dans l’impossibilité d’opérer. Tous nos efforts de l’après-midi pour être prêt à temps étaient vains ! Notre salut vint de M Suri (VU2MY) qui contacta l’équipe CW par téléphone. Quinze minutes plus tard, un taxi trois roues arriva avec l’équipement nécessaire. Ainsi commença notre marathon qui dura sept jours…

La première nuit fût réellement féerique, notamment sur 80m, la verticale fonctionnait bien et la propagation offrait un majestueux pile-up sans aucun bruit de fond. Ce sera d’ailleurs la meilleure nuit de tout le séjour par la qualité des signaux sur 80m ! Sur la station 40m, les résultats étaient bons alors que nous n’utilisions qu’une antenne 1/4 d’onde sur les quatre prévues.

Au camp CW, le rythme était soutenu et les verticales reliées aux boîtiers COMTEK réagissaient bien et donnaient d’ores et déjà entière satisfaction. Montées à même la plage, les radians avaient les pieds dans l’eau toutes les 6 heures au rythme des marrées. Dès l’aube venue, nous avons finalisé le montage des antennes, notamment l’installation du 4-square 40m et des Spiderbeams 2, 3 et 4 et de l’Hexbeam.
Quelques autres travaux furent entrepris au fil des jours de manière à permettre certaines combinaisons.

Rapidement trois stations CW, trois stations SSB et une station RTTY étaient actives, engrangeant les QSO par milliers. La propagation, assez capricieuse, ne nous offrait pas toujours plus de deux ou trois bandes ouvertes simultanément.

Les journées commençaient au lever de soleil par un trafic intense avec la côte Ouest des États-Unis, puis une période propice aux contacts avec les Caraïbes et l’Amérique du Sud. Petit à petit, les stations asiatiques faisaient leur apparition sur les bandes hautes, sans atteindre systématiquement le 10m. Les stations européennes n’étaient audibles qu’aux environ de 12h (0630z). Vers 15h, nous étions particulièrement attentif aux ouvertures du 12m et du 10m, qui à plusieurs reprises nous ont surprises. La plus importante ouverture 10m sur l’Europe arriva alors même que deux phases électriques sur les trois qui alimentent le camp défaillaient. Sans se poser de question, nous avons, au moyen d’un bout de fil shunté les portes fusibles pour ré alimenter les trois stations sans attendre. Dès lors, le pile-up fût entretenu et tari jusqu’au dernier souffle de cette éphémère ouverture qui permis d’inscrire de nombreuses stations françaises dans le log. L’alimentation électrique se coupa totalement qu’une nuit sur l’ensemble du séjour, permettant aux opérateurs de se reposer pendant cette halte forcée.

Sur l’île, l’électricité est fournit par une imposante station solaire de 150 kW relayée par trois groupes diesels. En fin d’après-midi, les bandes 17m et 20m étaient très ouvertes sur l’Europe et l’Amérique du nord bien que les signaux US soient parfois difficilement exploitables. Jusqu’à 23h les bandes du 160m au 20m étaient toutes exploitables et nous nous en donnions à cœur joie. Dans la nuit, seuls les 80m et 40m restaient exploitables et ce jusqu’à 5h du matin ou une période beaucoup plus calme s’amorçait avant qu’un nouveau cycle ne commence.

Au fil des jours, le nombre de QSO grandissait avec un net avantage pour la télégraphie d’autant plus que la première expédition (VU7LD) n’avait pas réalisé un important trafic CW. Le matériel a fonctionné parfaitement même si dans les derniers jours, les amplis transistorisés ont subit de multiples défaillances sans qu’il ne soit possible de réparer sur place. Le trafic continua alors barefoot.

Côté antennes, il est rapidement apparu que le 160m avait un sérieux problème. Malgré une antenne éprouvée dans le passé (V160 de DL7DF) et un emplacement idéal, les résultats étaient médiocres. En deux jours, seulement dix QSO furent réalisés alors que l’équipe sur l’île Agatti enregistrait près d’un millier de contacts. Même en réception, nous étions distancé avec une station sur vingt décodable et ce malgré l’utilisation de beverages et de K9AY. Nous avons alors entrepris de déplacer l’antenne qui vint s’installer à proximité du camp SSB. Malgré d’incessants appels aux heures les plus favorables, seules une trentaine de QSO fut ajoutée dans le log. A contrario, le 80m et 40m étaient prolifiques. Le 17m semblait fonctionner également anormalement et malgré de nombreux contacts, nous semblions avoir une réception totalement déséquilibrée vis-à-vis de notre émission. Après avoir mis en doute les antennes (que nous avions toutes taillées à l’identique), nous avons déplacé l’une d’entre elle en front de mer direction Europe sans amélioration notable.

Pour aller au bout de nos expérimentations, nous avons construit une Cubical-Quad filaire (merci à Thierry F5MOO pour les côtes) suspendue dans un cocotier. Nous n’avons noté qu’une très légère amélioration, principalement due à l’angle de départ. Finalement, nous avons entrepris la construction d’une Yagi 5 éléments filaire pointée sur l’Europe et les US.
Grâce au logiciel NEC4WIN (toujours sur l’ordinateur pendant les expéditions), le calcul et la modélisation fût simple et précis. En quelques heures, l’antenne, surnommée par Pat « l’arme fatale » fit son apparition au milieu de notre camp. Elle permit de renforcer un peu notre réception (grâce au gain) sans résoudre notre surdité et tout comme pour le 160m, nous avons quitté l’île sans expliquer ce phénomène !

Entre Agatti et Kadmat, nous aurons eu bien des différences. Chaque équipe s’écoutait de temps à autre afin d’évaluer sa réception et il apparu bien souvent que nous n’entendions pas les mêmes choses. Lors du débriefing final, WØGJ nous confirma ce fait. En cela, nous fûmes complémentaires !

A mi-expédition, notre bilan RTTY était un peu décevant. L’emplacement de cette station perturbait fortement les trois postes SSB et parfois, il n’était pas possible de maintenir cette station active. De plus l’opérateur attitré n’avait pas à priori, le souci du résultat. C’est pour cela que dans les derniers jours nous avons dédié une de nos stations SSB au trafic télétype pendant certaines plages horaires de manière à accroître le nombre de QSO.

Après 10 jours d’activité, nous avons refermé le log avec près de 110 200 contacts (incluant l’activité VU7MY depuis Minicoy AS-106).

La vie sur l’île

Elle s’articulait autour du planning qui attribuait à chacun des opérateurs ses plages horaires de trafic ; libre à chacun de s’organiser pour le repos. Après un début quelque peu chaotique à cause du montage des antennes, les choses se sont calmées après deux ou trois jours. Tous les opérateurs étaient utilisés à bon escient, avec des quarts de quatre heures.

Pendant le « temps libre », nous avions comme unique occupation des activités nautiques (kayak, plongée, baignade), le farniente, la lecture ainsi que l’exploration de l’île, aussi rapide soit-elle (cinq kilomètres de long sur cinq cent mètres de large).

Devant chaque maison, d’imposants tas de noix de coco sont entreposés. Le coprah (chair) est placé sous de grands filets avant d’être transformé en huile. Les fibres entourant la coco sont séchées pendant plusieurs mois avant d’être traitées dans l’usine coopérative de l’île qui produit des cordages. Une grande partie de l’économie est issue de l’exploitation de la noix de coco, le tourisme restant assez peu développé.

Kadmat accueille une fois par semaine un gigantesque navire qui, le temps d’une matinée déverse un flot de touristes pour profiter des merveilleuses plages de l’île tout en consommant les mets préparés à leur intention. En contrepartie, l’île perçoit une taxe sur chaque personne débarquée, permettant à la communauté de jouir de cette manne. Cependant, nous fûmes estomaqués de voir à quel point ces touristes sont irrespectueux des lieux. En trois heures de présence, ce sont des centaines de papiers gras, de bouteilles et des restes de nourriture qui furent abandonnés au sol. Triste sort pour une île qui par ailleurs est un site de ponte pour les tortues marines.

Durant notre court séjour, nous aurons eu l’agréable surprise de voir éclore des centaines d’entre elles avant de se diriger d’instinct vers l’océan pour tenter d’y grandir et peut être un jour revenir sur ces plages pour, à leur tour faire perdurer l’espèce. Toutefois, la dure loi de la nature aura fait son choix et neuf sur dix auront succombés dans les premières semaines.

Les jeunes de l’île sont férus de sport (foot, volley, cricket) tandis que les aînés pratiquent la pêche pour nourrir la famille. La cuisine, raffinée et épicée est à base de riz, de légumes accompagné de galettes. Une grande partie de la population est végétarienne, toutefois on trouve aussi viande (poulet) et poissons. Sur l’île, l’éducation est assurée par différents groupes scolaires et malgré sa petite taille, le système éducatif semble bien développé. Pourtant, les candidats à des études supérieures sont contraints à s’expatrier vers l’île de Kavaratti ou bien vers le continent.

Tous les déplacements entre les îles sont assurés par bateau. Le fret et les passagers y transitent dans de petites embarcations qui peuvent aisément franchir les barrières de coraux aux travers des passes. Le voyage jusqu’au continent est assuré de façon hebdomadaire par des ferries.

La Hamfest, cru 2007

Pendant notre séjour à Andaman, les réunions avaient grignoté beaucoup de temps et malgré l’utilité de celles-ci, il était dommage de ne pouvoir se consacrer plus au trafic. Aussi, le NIAR, bien conscient de cela avait fait en sorte d’alléger au maximum le programme pour libérer les opérateurs au plus vite sans toutefois léser les personnes ayant fait le déplacement pour assister aux débats. Dès l’ouverture des festivités, la salle fût rapidement prise d’assaut. Chacun trouva finalement une place et écouta religieusement les déclarations des différents intervenants. Chaque personne avait bien conscience que sans cette Hamfest, jamais une opération ayant tant d’étrangers n’aurait pu avoir lieu. C’est pourquoi nous nous devions de suivre les débats même si dans la grande majorité, ils concernaient des choses dont nous étions complètement étrangers.

Toutefois, nous fûmes à nouveau témoin de la volonté des radioamateurs indiens à développer l’activité dans le pays. De nombreuses démarches auprès des écoles et universités sont menées pour promouvoir notre hobby qui, en Inde peut rapidement suppléer les communications officielles notamment en cas de catastrophe. Le gouvernement ne s’y trompe pas et malgré le développement des technologies de communications, il sait qu’il peut s’appuyer à tout moment sur l’expérience des radioamateurs.

Au fil de la matinée, différents diaporamas furent projetés avant une remise de récompenses suite au trafic depuis Port Blair (2006). Cette matinée fût conclue par un déjeuner, toujours très convivial où nous avons pu nous retrouver tous ensemble avant de reprendre les émissions en début d’après-midi. Tous les participants furent comblés par ce meeting, réunissant à nouveau des radioamateurs de nombreux pays. Tout au long de notre séjour de nombreux échanges eurent lieu pendant lesquels une multitude de sujets ont été abordés, notamment les antennes.

Retour

Les dates de notre activité étaient en partie dépendantes des rotations du ferry. Afin de conserver le plus grand nombre de stations actives jusqu’au dernier moment, le démontage ne commença que dans l’après-midi du dernier jour et continua jusqu’au petit matin. Huit heures après avoir refermé définitivement le log, nous étions prêt à rejoindre le bateau, après avoir tout de même pris le temps de faire une photo de groupe pour immortaliser cette aventure.

Le retour sur Cochin nous permis de découvrir la « Pulman Class » déjà largement occupée par deux cents lycéens de Bombay qui ont animé la traversée. Le soir venu, nous fûmes conviés à une petite fête improvisée dans le réfectoire du « Tipu Sultan » où au rythme des chants et des musiques typiques, indiens et étrangers se sont mêlés le temps d’une danse.

Notre retour sur la terre ferme était signe de séparation et dès le premier soir, certains d’entre nous devaient rentrer chez eux. Séparations toujours riches en émotions car deux semaines de vie en communauté, à partager joie, coup de blues, et satisfaction tisse des liens. Bien souvent on souhaiterai que cela ne s’arrête jamais. Notre départ était calé deux jours plus tard, ce qui nous permis de déambuler à nouveau dans Cochin et de découvrir les massages Ayurveda (massage à l’huile).

Bilan

Cette expédition est un succès qu’aujourd’hui, nous savourons encore. Outre le fait d’avoir activé en moins d’un an Andaman et les Laccadives, c’est bel et bien le travail collectif que nous tenons à mettre en avant, tout comme la chance incroyable que nous avons eu en étant soutenu par de hauts fonctionnaires indiens. Sans eux, sans le travail méticuleux du NIAR et du comité d’organisation, jamais ces Hamfest n’auraient eu lieu en de tels endroits.

D’ailleurs, à ceux qui pour s’assurer l’exclusivité d’une activité en VU7 était prêt à tout, je tiens à dire que c’est bel et bien l’esprit d’équipe, la solidarité, l’Ham spirit qui ont séduit et convaincu les officiels. Le fruit de cette délicieuse collaboration a donné à beaucoup un « new one » ici et là.

Avant de tourner la page indienne de notre carnet de route, nous tenons à remercier du fond du cœur l’équipe du NIAR soudée autour de son président VU2MY, les cinq ministères impliqués, l’ensemble des autorités ainsi que les YL et OM indiens pour leur accueil toujours aussi chaleureux. Ceci sans oublier l’ensemble de nos sponsors qui nous ont soutenu envers et contre tout et sans qui ce DXCC n’aurait pu être activé en 2007.

Flo F5CWU (CDXC 929), Patrick F6IIT (CDXC 1111) et Sylvain F4EGD (CDXC 1101).

Photos :

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Nos valises en carton…
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Vue de quelques antennes sur l’île Agatti
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4-square du camp SSB planté à même la plage
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Les antennes verticales (en phase) utilisées par le camp CW
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Spiderbeam utilisée en SSB, CW et RTTY
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F6IIT, F4EGD et F5CWU
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Sigi DL7DG opérant en SSTV depuis VU7RG
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Stations CW – SP3CYY et DF2IC
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Pat F6IIT un peu déçu d’abandonner le pile-up
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Femmes en promenade sur la plage longeant le camp SSB
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L’équipe Kadmat
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Quelques pécheurs
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N6TQS, F5CWU, WA9QJH, Yamini lors du débriefing
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Démonstrations des logiciels et équipements utilisés
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Sea, radio et tortue
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Noix de coco au séchage
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Préparation du coprah avant transformation en huile
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Fabrication de cordages sur Kadmat
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Tout transite par bateau…
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De nouveaux passagers arrivent
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Le Tipu Sultan
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Jungle urbaine où autos, vélos, camions se frayent un passage
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QSL VU7RG
VU7RG-VU7MY_qsl.jpg (101128 octets)
QSL VU7RG – VU7MY

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